
De la ville tout tuyaux à la ville éponge : comment les solutions fondées sur la nature transforment la gestion des eaux pluviales urbaines
Introduction : l'eau de pluie, un enjeu que l'on ne peut plus gérer comme avant
Pendant des décennies, la réponse au ruissellement urbain a été simple : collecter, canaliser, évacuer. Une logique de tuyaux, efficace tant que les villes restaient dans les limites de ce que leurs infrastructures pouvaient traiter.
Ce modèle atteint aujourd'hui ses limites. Sur un sol imperméabilisé, 55 % des eaux pluviales ruissellent et seulement 15 % s'infiltrent. Sur une surface naturelle, ces proportions s'inversent : le ruissellement ne concerne plus que 10 % de l'eau, tandis que 50 % s'infiltrent naturellement (ADOPTA). Parallèlement, le changement climatique intensifie les épisodes pluvieux et raccourcit les intervalles de retour des crues urbaines.
Face à ce constat, une autre façon de penser la ville s'est imposée : la ville éponge. Une ville qui accueille l'eau, la ralentit, la filtre et la restitue au sol. Pour Jean-Jacques Hérin, président de l'ADOPTA, les collectivités doivent désormais "privilégier, partout, l'infiltration dans les sols pour reconstituer le stock hydrique que sont les nappes phréatiques."
Les solutions fondées sur la nature sont le cœur opérationnel de cette transformation. Une ville qui ne combat plus l'eau, mais qui l'accueille, la ralentit, la filtre et la restitue au sol. Une ville qui s'inspire du fonctionnement naturel des écosystèmes pour retrouver les fonctions hydrologiques que l'urbanisation a effacées. Mais leur déploiement soulève une question que l'on ne peut pas éluder : l'eau que l'on infiltre est-elle suffisamment propre pour ne pas contaminer les sols et les nappes phréatiques ? Car en milieu urbain, les eaux de ruissellement véhiculent hydrocarbures et HAP. Infiltrer propre est essentiel.
C'est à cette articulation — entre solutions fondées sur la nature et traitement qualitatif à la source — que répondent les aquatextiles dépolluants OSMORIA® de Solmax.
Partie 1 |La ville éponge et les solutions fondées sur la nature : principes et dispositifs
Qu'est-ce qu'une solution fondée sur la nature ?
Les solutions fondées sur la nature (SfN) désignent des approches qui s'appuient sur les processus écologiques naturels pour répondre à des défis urbains : gestion de l'eau, régulation thermique, biodiversité. Dans le domaine des eaux pluviales, elles visent à recréer en milieu urbain les fonctions qu'assure naturellement un sol non imperméabilisé : infiltration, évapotranspiration, rétention, épuration. L'Union européenne encourage fortement leur déploiement dans le cadre de sa stratégie pour la biodiversité 2030. En France, la Loi Climat et Résilience (2021) et les politiques des agences de l'eau traduisent cette ambition en obligations concrètes.
Solutions fondées sur la nature : la traduction technique des solutions fondées sur la nature
L'ADOPTA les résume en un principe fondateur : ne plus rejeter les eaux pluviales dans des tuyaux, mais les infiltrer de préférence là où elles tombent, en leur redonnant de la place en surface, à l'image d'un réseau hydrographique naturel. On distingue plusieurs grandes familles d’ouvrage d’infiltration des eaux pluviales complémentaires et souvent combinés.
Les noues et fossés végétalisés sont des fossés peu profonds qui collectent les eaux de ruissellement, les ralentissent et favorisent leur infiltration progressive. Omniprésents dans les zones d'activités et les lotissements récents, ils constituent souvent la première brique visible de la ville éponge.
Les tranchées d'infiltration fonctionnent sur un principe similaire, mais en souterrain : un massif de matériaux poreux reçoit les eaux et les laisse s'infiltrer progressivement dans le sol naturel.
Les revêtements perméables : pavés drainants, enrobés poreux, stabilisateur de gravier perméable de type Bidim® Accorder® permettent à l'eau de traverser la surface de circulation plutôt que de ruisseler, particulièrement adaptés aux parkings et voiries à faible trafic.
Les bassins d'infiltration à ciel ouvert reçoivent des volumes importants lors d'épisodes intenses et jouent également un rôle paysager.
Les chaussées à structure-réservoir et bassins enterrés sont des ouvrages hydrauliques souterrains dans lesquels l'eau est stockée temporairement dans un massif poreux avant infiltration. Invisibles en surface, ils sont particulièrement adaptés aux contextes urbains denses où l'emprise foncière est limitée.
Pourquoi les SfN incarnent le passage à la ville éponge
La ville éponge n'est pas un concept purement esthétique ou végétal. C'est une logique systémique : chaque surface, chaque ouvrage, chaque espace public peut contribuer à ralentir, stocker et restituer l'eau plutôt qu'à l'évacuer au plus vite. Comme le souligne Élodie Brelot, directrice du GRAIE, "plus on gère l'eau de pluie à la source, plus le rapport entre la surface de collecte et la surface de gestion est faible, et plus les ouvrages sont de taille raisonnable et adaptables aux différentes intensités de pluie."
Leurs bénéfices sont multiples : réduction du risque d'inondation par écrêtement des pics de ruissellement, contribution à la recharge des nappes phréatiques, amélioration du cadre de vie urbain, et réduction de la pression sur des réseaux d'assainissement dont la mise à niveau représenterait des investissements considérables pour les collectivités.
Partie 2 | La limite que les SfN seuls ne peuvent pas complétement lever : la pollution
Des eaux de ruissellement rarement propres
Si les SfN gèrent efficacement le volume des eaux pluviales, ils ne résolvent pas toujours leur problème qualitatif. Or en milieu urbain et péri-urbain, les eaux de ruissellement est vecteur de pollution.
Trois grandes familles de polluants sont systématiquement retrouvées dans les eaux pluviales de voirie et de stationnement.
- Les hydrocarbures issus des fuites moteur, de la graisse de plaquettes de frein ou des revêtements bitumineux. Biodégradables, ils constituent la pollution dominante sur les surfaces à fort trafic. Selon le GRAIE, leurs concentrations dépassent rarement 10 mg/l en voirie. Une pollution chronique, sous forme dissous de faible concentration mais continue, que les ouvrages conventionnels de type séparateurs d’hydrocarbures traitent le moins bien.
- Les HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) issus de la combustion incomplète de carburants ou de l'usure des pneus, sont classés pour plusieurs d'entre eux comme potentiellement cancérogènes, et ce même à très faible concentration. Difficilement biodégradables, ils sont facilement mobilisés lors des premiers flux de ruissellement. Leur impact sur les milieux récepteurs est frappant : selon les travaux de Bertrand-Krajewski cités par le GRAIE, les HAP rejetés en temps de pluie contribuent parfois pour plus de 50 % au flux annuel en HAP des milieux récepteurs.
- Les métaux lourds zinc, cuivre, plomb, cadmium — non biodégradables, s'accumulent dans les sédiments et peuvent contaminer durablement les sols et les eaux souterraines.
Le piège des séparateurs à hydrocarbures
Face à cette pollution chronique, la solution la plus souvent prescrite reste le séparateur à hydrocarbures. Or ces ouvrages « peuvent être utiles pour confiner un déversement accidentel, mais ils sont totalement inefficaces pour dépolluer les eaux de ruissellement pluvial » (GRAIE).
La raison est double. D'abord, une question de maintenance : dans la pratique, les séparateurs à hydrocarbures sont peu ou pas entretenus. Vidanges insuffisantes, inspections inexistantes, cuves saturées — un ouvrage non nettoyé ne traite plus, il stocke temporairement avant de relarger. Ensuite, une question de conception : la grande majorité de ces ouvrages sont équipés d'un système de by-pass. Lors des épisodes pluvieux importants, précisément ceux qui génèrent les plus forts volumes de ruissellement et les plus grandes concentrations de polluants, le débit dépasse la capacité de l'ouvrage et le by-pass s'active. L'intégralité de la pollution accumulée est alors rejetée en aval, non traitée, en un seul événement. L'ouvrage censé protéger le milieu devient, lors des crues, le vecteur de sa contamination la plus importante.
Infiltrer sans traiter : un transfert de pollution
Un dispositif SfN qui infiltre des eaux non traitées dans un contexte de forte exposition aux hydrocarbures ne résout pas le problème — il le déplace vers les nappes phréatiques. Une contamination des eaux souterraines est particulièrement problématique : difficile à détecter, extrêmement coûteuse à remédier, et potentiellement irréversible.
La réglementation le reconnaît explicitement. La Directive-cadre européenne sur l'eau (DCE, 2000/60/CE) impose des objectifs de bon état chimique et écologique des masses d'eau, y compris souterraines. Pour les eaux destinées à la consommation humaine, la directive 98/83/CE fixe des seuils de potabilité stricts : 0,1 µg/l par substance individuelle pour les HAP, et 0,5 µg/l en somme totale. Or les concentrations en HAP mesurées dans les eaux pluviales urbaines atteignent couramment 0,03 à 6 µg/l selon les sites (GRAIE, 2014) — des niveaux susceptibles de dépasser ces seuils et de menacer la qualité des eaux souterraines. La LEMA (2006) et la Loi Climat et Résilience (2021) renforcent les obligations des maîtres d'ouvrage. Et la directive DERU 2, adoptée en décembre 2024 et à transposer en droit français avant le 31 juillet 2027, prévoit la mise en place d'un plan de gestion intégrée des eaux pluviales pour les grandes agglomérations d'ici 2035 — une évolution réglementaire majeure qui va considérablement renforcer les exigences qualitatives.
Partie 3 — Les aquatextiles dépolluants : la brique qualitative qui complète les SfN
Les aquatextiles : une catégorie de produits à part entière
Les aquatextiles OSMORIA sont des technologies environnementales innovantes spécifiquement développées pour répondre à un besoin que les solutions traditionnelles ne couvrent pas : le traitement de la pollution diffuse présente dans les eaux de ruissellement, au moment même de leur infiltration dans le sol. Leur intégration dans les structures fondées sur la nature — noues, tranchées, bassins, revêtements perméables — leur confère une position unique dans la chaîne de traitement : ni ouvrage de génie civil lourd, ni filtre conventionnel à entretenir ou à remplacer, mais une solution active positionnée à l'interface entre l'eau de ruissellement et le sol naturel.
Leur mécanisme d'action repose sur deux phénomènes complémentaires :
- L’adsorption : les molécules d'hydrocarbures et de HAP sont captées et retenues par la matrice textile de manière irréversible, empêchées de migrer vers le sol sous-jacent.
- La biodégradation : attirés par les nutriments minéraux naturels mis à disposition dans la structure textile, des microorganismes présents dans l'environnement (sol, eau) colonisent le matériau et dégradent progressivement les polluants adsorbés, régénérant ainsi la capacité de traitement du produit dans la durée, sans intervention humaine.
Ce double mécanisme s'inspire et amplifie des fonctions que le sol naturel assure lui-même, mais de façon aléatoire et inégale. Un sol sain dispose d'une certaine capacité à fixer et à dégrader les hydrocarbures. Mais les sols urbains sont par nature hétérogènes : leur capacité de traitement varie considérablement, peut avoir été réduite par des pollutions antérieures, des remaniements liés aux travaux, ou la nature géologique du terrain. Confier la dépollution au seul pouvoir épurateur du sol, c'est s'en remettre à une capacité non maîtrisée, non mesurable et potentiellement saturée.
OSMORIA Geoclean : des performances vérifiées de manière indépendante
Solmax a développé OSMORIA spécifiquement pour assurer le traitement qualitatif des eaux pluviales chargées en hydrocarbures au moment de leur infiltration. Les performances d'OSMORIA Geoclean Origin en matière de biodégradation ont été vérifiées de manière indépendante dans le cadre d'une Vérification de Technologie Environnementale (ETV), selon la norme FR EN ISO 14034 — référence en matière de vérification des performances environnementales des nouvelles technologies, garantissant des résultats transparents.
Positionné en première couche au contact du sol naturel, OSMORIA s'intègre dans l'ensemble des structures d'infiltration courantes : bassins à ciel ouvert, noues et fossés végétalisés, parkings à revêtement perméable, bassins enterrés et chaussées à structure-réservoir. Cette compatibilité universelle permet aux bureaux d'études d'intégrer la dimension qualitative dans tout projet, sans remettre en cause les choix structurels déjà opérés.
Une logique de complémentarité, pas de substitution
Les aquatextiles dépolluants ne remplacent pas les ouvrages à ciel ouvert. Ils les complètent. Les solutions fondées sur la nature gèrent le volume, ralentissent le ruissellement, contribuent à la biodiversité et au confort urbain. Les aquatextiles assurent que l'eau qui s'infiltre est une eau dépolluée de la pollution hydrocarburée, compatible avec la protection des sols et des nappes.
C'est cette complémentarité qui fait la cohérence de l'approche Solmax : s'inscrire pleinement dans les techniques actuelles de gestion des eaux pluviales, en y ajoutant la brique qualitative qui manquait pour que l'infiltration à la source soit réellement une solution complète.Ils offrent un traitement actif et reproductible, indépendamment de la nature et de l'état du sol sous-jacent. C'est cette fiabilité — là où le sol seul ne peut pas l'offrir — qui fonde la valeur ajoutée technique des aquatextiles dans les systèmes d'infiltration à la source.
Conclusion : la ville éponge ne peut pas se permettre d'être une ville polluante
La transition de la ville tout tuyaux à la ville éponge est en marche. Les outils existent, les réglementations poussent dans ce sens, et les professionnels de l'aménagement ont désormais un corpus de solutions éprouvées à leur disposition.
Mais une ville éponge qui infiltre des eaux polluées n'est pas une ville résiliente : c'est une ville qui reporte ses problèmes vers ses nappes phréatiques et les générations futures. Pour que la ville éponge tienne ses promesses environnementales et réglementaires, infiltrer propre est essentiel.
Les aquatextiles OSMORIA de Solmax offrent une réponse qualitative et fiable, intégrée dans les structures d'infiltration existantes, durable dans le temps, et compatible avec toutes les typologies de projets : des sites industriels, plateformes logistiques, voiries urbaines, parkings, aux projets de requalification urbaine.